Ma réponse au Collectif Info Médoc Pesticides

Suite à la publication d'une lettre ouverte aux candidats aux législatives, voici ma réponse au Collectif Info Médoc Pesticides.

 

La protection des habitants, des agriculteurs et de leurs salariés est une priorité. Je mettrai mon engagement de députée au service de ce combat pour la santé environnementale comme je l'ai toujours fait, sans esprit partisan et dans le respect des personnes.

 

Au cours de mon dernier mandat législatif, j’ai sollicité et voté un socle de mesures qui ont permis de faire avancer la protection des citoyens, des agriculteurs et des salariés exposés aux pesticides :

  • La loi de 2014 encadrant l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national et la loi relative à la transition énergétique et pour la croissance verte ont interdit l'application de produits phytopharmaceutiques par l’Etat et les collectivités sur les espaces verts, promenades et forêts ouverts au public, et sur les voiries.
  • A compter de 2019, il sera interdit de vendre des pesticides avec glyphosate (type Roundup) aux particuliers.
  •  La loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt a également renforcé les dispositifs de protection pour les personnes vulnérables et plusieurs arrêtés préfectoraux ont complété ces dispositifs en Médoc pour élargir la liste des établissements concernés et les mesures de protection.
  • La loi Biodiversité a interdit les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles pour traiter les cultures à compter du 1er septembre 2018.
  • Pour les agriculteurs, un plan Ecophyto II a été mis en œuvre. Il a fixé un objectif de réduction des pesticides de 25 % en 2020, et de 50 % en 2025. L’assiette de la redevance pour pollutions diffuses a été élargie afin que l’enveloppe financière pour accompagner les agriculteurs passe de 41 à environ 71 millions d’euros. Plusieurs expérimentations ont également été mises en œuvre comme, par exemple, les certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP) et les fermes DEPHY (passées de 180 exploitations en 2009 à 3000).
  • Depuis 2015, tous les professionnels du secteur agricole qui utilisent des produits phytosanitaires doivent être détenteurs d’une carte nominative Certiphyto attestant d’une formation sur les produits phytopharmaceutiques et leur usage.
  • Avec plusieurs députés Girondins, j’ai demandé en 2016 à ce qu’une mission d’information sur les pesticides soit mise en place à l’Assemblée nationale et qu’elle rende un rapport officiel sur cette question. Je resterai mobilisée pour obtenir cette mission d’information.
  • La loi de 2017 relative à la lutte contre l'accaparement des terres agricoles et au développement du biocontrôle contient des dispositions pour préserver nos exploitations contre les investisseurs étrangers et promouvoir la protection des végétaux par l’utilisation des mécanismes naturels.

Ces avancées sont concrètes et positives, mais elles sont insuffisantes et j’ai conscience qu’il faut accélérer ce processus. Pour lutter contre les pesticides, j’encouragerai une action à plusieurs niveaux :

  • A l’échelle européenne, je demanderai :

o   que la France ait un rôle moteur dans la lutte contre les pesticides comme elle l’a eu avec les perturbateurs endocriniens lorsqu’elle a fait condamner la commission européenne en 2015 pour manquement à ses obligations.

 

o   que la Commission refuse le rapprochement entre le géant américain des semences OGM Monsanto et l’entreprise allemande Bayer car cette décision renforce un modèle de développement agricole qui n’est pas celui auquel de nombreux citoyens aspirent et qui n’est pas celui que je souhaite pour les français.

 

o   le soutien à la pétition européenne « Stop Glyphosate » qui permettra d’interpeller la Commission européenne sur cette question.

 

o   le renforcement des aides PAC pour les entreprises à taille humaine plutôt que l’encouragement des exploitations intensives et industrielles.

 

o   l’adaptation de la règlementation sur les marchés des produits agricoles pour permettre le développement des cépages résistants aux maladies de la vigne.

 

o   l’adoption d’une résolution européenne sur les pesticides par l’Assemblée nationale.

  • A l’échelle nationale, je demanderai :

o   le financement en urgence de recherches innovantes pour trouver des alternatives aux pesticides (par exemple le développement des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium) et multiplier les expérimentations démontrant la possibilité de lier productivité et culture sans pesticides. Il est en effet impossible de stopper complètement l’usage des pesticides en l’absence de solutions alternatives sans risquer d’encourager l’usage d’autres produits encore plus nocifs.

 

o   la création d’un organisme indépendant pour le contrôle des pesticides et l’information des personnes. Il devra fournir des études indépendantes sur les pratiques et les conséquences de l’usage des pesticides.

 

o   le renforcement de la formation des agriculteurs pour pouvoir mieux informer sur les pesticides et permettre de transformer durablement notre modèle de production.

 

o   des aides financières pour l’acquisition de machines correspondant à une production bio.

 

o   l’organisation du Grenelle de l’alimentation et la mise en place de comités de suivi des stratégies adoptées.

 

o   la valorisation des exploitations biologiques grâce à des mesures fiscales.

 

o   le renforcement des mesures de lutte contre les lobbies, et en particulier contre le lobbying scientifique.